Colorer un personnage : les étapes.

Quand on commence à colorer un personnage dessiné d’imagination, on est un peu perdu dans le choix des couleurs et il n’est pas rare d’être déçu du résultat final à force d’hésitation !

Malgré tout, mon premier conseil sera toujours de se jeter à corps perdu dans les expérimentations avant de chercher à comprendre quoi que ce soit de théorique. La théorie, c’est bien quand on a déjà fait toutes les conneries du monde. Notre expérience sert de point de repère à comparer avec les différentes techniques ou points de vue auxquels nous serons confrontés par la suite dans l’apprentissage du dessin.

Généralement, chercher à emprunter des raccourcis dans l’apprentissage du dessin débouche sur une voie beaucoup plus longue à suivre pour produire des oeuvres personnelles (donc intéressantes). Ainsi, si qui que ce soit vous propose d’apprendre une méthode pour devenir un bon dessinateur en très peu de temps : fuyez . Ça sent le caca (et, pour rappel, le caca, ça sent la merde).

Et surtout, n’oubliez jamais que chaque avis est relatif. Ainsi mon propre avis est relatif, le votre aussi et donc que vous vivez peut être dans un monde qui n’existe pas ou les ronds sont des carré et que 1+1= pi.

Ce qui va suivre n’est pas la méthode à suivre “idéale” pour colorer un personnage… c’est une piste. On va dire une piste verte, tranquille, pour les dessinateurs débutants.

C’est bon, les précautions sont prises. En route !

Colorer un personnage

Alerte : Vous n’aimez pas lire ?

J’ai fait une vidéo pour vous expliquer les étapes successives pas à pas.Toutefois, gardez bien en tête que les gens qui lisent sont en moyenne 90% plus intelligents que ceux qui consomment de la vidéo et 300% plus intelligents que des spectateurs de télé-réalité (cette information n’est pas basée sur des études scientifique).

À propos du personnage que je vais colorer à l’aquarelle et à la gouache : “Moussdro”

@Mousdraws à gagné le concours organisé sur mon compte Instagram !

Il y a plus d’un mois à la date ou j’écris cet article, j’ai organisé un concours sur ma page instagram pour définir le dernier abonné duquel je réaliserais une interprétation de son personnage dans mon style.

On m’a envoyé 26 dessins et mes abonnés ont voté pour le personnage de @mousdraws qui le méritait amplement !

Mousdraws est un illustrateur et vous trouverez sur son compte instagram bon nombre de ses réalisations en numérique [CLIQUEZ ICI ]

Avant de colorer le personnage, j’ai commencé par repenser ses proportions pour l’intégrer à mon style. J’ai un peu suivi le même type de démarche que celle expliquer dans mon article sur la création de personnages cartoons [cliquez ici pour lire l’article sur la conception d’un personnage cartoon et voir la vidéo]

Ensuite, j’ai dû encrer le personnage. J’ai utilisé les feutres “Kuretake zig cartoonist” et une fois de plus vous pouvez lire mon article sur l’encrage [cliquez ici pour lire l’article sur l’encrage et voir la vidéo]

Et une fois que tous ça c’est fait:

on va pouvoir colorer le personnage !

La première chose à définir c’est la teintes des éléments qui compose le personnage (d’autre diront que c’est la valeur… la majorité en fait, mais je suis un être différent et vous êtes sur mon blog).

Ma méthode c’est d’utiliser des teintes proches sur une majorité des éléments à colorer. Et dans de plus petites zones, des teintes complémentaires pour les faire ressortir au maximum !

Si vous ne comprennez pas tout de suite, les shéma à suivre vont vous éclairez !

Ici, c’est @mousdraws qui avait déjà fait son choix de couleur sur son personnage originel et il avait exactement la même logique que moi !

Regardons comment ça se concrétise sur un cercle chromatique :

colorer un personnage : les teintes
La majorité des zones est coloré dans des tons du bleu au violet.
Les petits élements à mettre en avant sont coloré dans une complémentaire.

(Le cercle chromatique est l’outil idéal pour comprendre à colorer !)

Une fois qu’on a défini les teintes de chaque éléments, on peux réfléchir à la saturation de chaque couleur et à leur valeurs.

Saturation d'une couleur
Valeur d'une couleur

Et une fois qu’on a défini nos couleurs par leurs teintes, leurs saturations et leurs valeurs, on définit l’ambiance générale (après c’est fun promis) pour savoir quelles sont les couleurs à désaturer davantage en fonction de la couleur de la lumière.

Prenont l’exemple le plus extrême qu’on puisse trouvé pour bien expliquer le concept.

Dans les pièces de développement de photographie argentique, les lumières sont toutes d’un rouge qu’on appelle “inactinique” (je vous donne gratos des points au Trivial Poursuite là ).

Une pièce dans une ambiance rouge à cause des lumières inactiniques.

Dans cette ambiance, il n’y a qu’une seule teinte qui peut apparaitre : le rouge. Aucune autre onde de couleur n’est diffusée. Si vous portez un pull vert dans cette pièce, vous le verrez gris dans cette ambiance, car le vert absorbe le rouge (c’est la complémentaire du rouge).

Cercle chromatique inactinique
Le cercle chromatique dans une ambiance de lumière inactinique.

Il y aura une partie plus ou moins grande du cercle chromatique que vous pourrez décider de désaturée en fonction de l’ambiance souhaitez.

Plus le spectre de couleur désaturé est grand, plus l’ambiance colorée est marquée. (voir l’exemple précédent)

Par exemple une ambiance est très orangée si les couleurs du jaune au violet sont complètement désaturées, mais pas forcément parce qu’il y a plus d’éléments orange dans l’image.

3 oranges colorés dans une ambiance bleu
Trois orange dans une ambiance froide.
une orange colorée dans une ambiance orange
Une orange dans une ambiance chaude.

(Voyez que le nombre d’oranges n’est en aucun cas lié à la teinte de l’ambiance colorée.)

Comment désaturé une couleur ?

4 méthodes :

  1. Faire un gris avec du noir et de l’eau ou du noir et du blanc ( je n’utilise pas cette méthode, car elle “salit” la peinture. Parfois, il y a de bons résultats dans des cas précis. ( Par exemple, j’utilise parfois du noir mélangé à de l’ocre pour faire des effets dans des éléments dorés. )
  2. Faire du gris avec un mélange terre d’ombre brulée et bleu outremer. C’est une technique que j’utilise très souvent, très simple à faire. On peut facilement gérer la température de la teinte.
  3. Utiliser un gris directement sorti du tube (il y a plein de pigments gris très intéressants et colorés, mais ça va vous couter cher d’acheter autant de tubes ou de godets de peinture.
  4. Ajouter sa complémentaire à une couleur. C’est élégant et efficace, mais ça demande plus de mélanges et donc plus d’efforts.

On fait une pause sur la partie technique et on va colorer le personnage. C’est aussi un peu notre objectif…

Premiere étape pour colorer un personnage:

La première étape de ma méthode de colorisation dans la pratique est d’appliquer des aplats de couleurs sur toutes les zones à colorer du personnage en fonction des choix de couleurs précédent.

J’utilise uniquement de l’aquarelle dans un premier temps. Pour appliquer l’aquarelle en aplat, je tire les pigments du haut vers le bas et j’applique mes aplats sur des zones très délimitées de chaque élément.

colorer un personnage : étape 1
Je colore mes éléments par zones délimitées.
Ici, les mèches sont colorées les unes après les autres.
colorer un personnage : dégradés
Je fais un petit dégradé sur les zones dorées.

Pour faire des dégradé harmonieux, on va une fois de plus se servir de notre cercle chromatique (qui décidement est bien utile).

Le meilleur moyen d’avoir un dégradé subtil est de le composé de teintes proches dans le cercle chromatique. Ainsi, si vous voulez passer d’un orange à un bleu, il faudra créer des transitions par le rouge et le violet sinon le centre du dégradé sera gris puisqu’il résultera d’un mélange de complémentaires ( tout est lié, l’univers ne fait qu’un, etc.).

Et voici le résultat à la fin de la première étape :

colorer un personnage : les aplats
J’ai fini les aplats !
Deuxième étape pour colorer un personnage:

Je place les ombres.

Pour savoir ou placer les ombres, définissez l’origine de la source lumineuse en priorité et tenez-vous à cette source pour conserver une logique dans l’éclairage.

Les ombres ont une teinte. C’est avant tout les couleurs renvoyées par l’environnement qui vont teinter les ombres en réfléchissant la lumière.

Ici, mon personnage est sur un fond blanc, mais on peut quand même choisir d’appliquer une teinte ou au moins une “température” aux ombres.

On parle de température dans la couleur pour définir si c’est plutôt chaud (jaune, orange, rouge) ou plutôt froid (turquoise, bleu, violet).

L’ombre est plus foncée. Il faut donc modifier la valeur des couleurs dans l’ombre. Avec la technique du mélange terre d’ombre brulée et bleu outremer, on peut assombrir une couleur sans la salir. (Faites d’autres essais.)

En fonction de vos choix, utilisez une couleur d’ombres à appliquer sur la quasi-totalité de l’image, mais prenez garde à la modifier quand il s’agira de l’appliquer sur des zones de couleurs complémentaires à la température de l’ombre en vous rapprochant un peu de la teinte de la couleur propre de l’objet pour ne pas créer un gris un peu “sale” par superposition.

( Ça peut paraître compliqué, mais ça l’est moins que de comprendre la relativité générale. Et mon oncle est petit, mais une fourmi est plus petite que mon oncle, cependant mon oncle s’entend plus souvent dire qu’il est petit que la majorité des fourmis. Donc… voyez.)

colorer un personnage : les ombres
Les ombres sont placées !
Troisième étape pour colorer un personnage:

Dernière étape de la colorisation : peindre la lumière. C’est ici que les aquarellistes puristes crient au scandale ! Eux, ils gardent des réservent de blanc, et c’est absolument le mal absolu de faire autrement, DONC… je fais autrement.

C’est à ce moment-là que j’utilise de la gouache blanche. Je la mélange à la couleur que j’ai sélectionnée au départ pour définir ma teinte d’ambiance générale (qui dépend de la teinte de la lumière) et j’applique et je rectifie mes mélanges en fonction des zones que je traite en lumière. Ensuite je reviens à l’intérieur des zones peintes avec de la gouache blanche pure pour faire péter un peu les contrastes et ajouter de petits effets de lumière.

colorer un personnage : résultat final
Le résultat final !

Dites-moi en commentaire si tout est bien clair pour vous, je pourrais au besoin apporter des précisions à ceux qui en demandent (avec plaisir). De votre côté, n’hésitez pas à faire des tests et à me les envoyer en message privé ou en me mentionnant sur instagram ( @timothee.illustrateur )

Si vous voulez approfondir sur la théorie des couleurs :

De mon côté je ne le ferai pas plus ici et James Gurney s’est de toute façon chargé de tous vous expliquer 20 fois mieux que je ne pourrais le faire dans son bouquin “light and color” que vous pouvez acheter ici : [CLIQUEZ ICI]

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