Réalisation de l’illustration “Le Lion et le Rat”

Bonjour !

À l’heure où j’écris cet article, j’ai terminé deux contrats d’illustrations passionnants, mais extrêmement chronophages. J’ai dû, un temps, mettre un tout petit peu de côté mon activité sur ce blog qui me tient particulièrement à cœur. Je suis un peu malade et fatigué, comme un animal sortant de sa grotte après des longs mois à hiverner (pour ma part, j’hiverne l’été, car j’ai décidé de régler l’ensemble de mon activité en contradiction avec l’ordre établi).

C’est donc légèrement fébrile et amoindri que j’arpente de nouveau les sentiers de la découverte dans l’optique de trouver toujours plus de solutions et raconter en dessin les milliers d’histoires qui me parcourent l’esprit toute la journée.

J’ouvre mon traitement texte comme une fenêtre un peu rouillée. J’écarte les toiles d’araignée d’un geste pressé et je redécouvre, le cœur empli de joie, l’horizon d’un avenir foisonnant de promesses. HOP, suivez le lapin blanc, on descend dans le pays des merveilles !

Je reprends avec un exercice compliqué après des mois passés à illustrer sur ordinateur :

L’illustration de la fable « Le Lion et le Rat » de Jean de La Fontaine à l’aquarelle et à la gouache ! (Dans le cadre de mon défi : souvenez-vous !)

La fable “Le lion et le Rat” de Jean de La Fontaine met en relation deux animaux de taille très différente. Le lion ayant épargné la vie du rat, ce dernier viendra à son secours lorsque le roi de la savane est aux prises d’un filet.

Avant chaque illustration, j’établis en premier lieu des esquisses préparatoires qui me permettent de visualiser la scène, l’angle de vue, le cadrage. J’expliquais cette démarche dans l’illustration “Rat des villes Rat des champs” : Cliquez ici.

J’ai voulu montrer la complicité des protagonistes dans mon illustration, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi le gros plan comme cadrage pour montrer à la fois l’expression du lion, le regard tourné en direction du rongeur en train de grignoter le filet sur la crinière du gros félin. Le fait que le rat soit si petit qu’il tienne sur sa tête établit d’office un rapport de proportion entre les deux animaux.

Lorsque j’ai fait mon choix de composition, je commence à dessiner le crayonné de mon illustration. Pour ce faire, j’ai utilisé des feutres de couleurs pour différencier les différents éléments entre eux. Lorsqu’il y a beaucoup d’éléments à superposer (et notamment le fameux filet qui est très difficile à dessiner) il est beaucoup plus simple de construire ces éléments distinctement pour ne pas se mélanger les pinceaux. C’est une technique que j’utilise énormément et notamment en numérique.

Pour me donner une idée des valeurs (nuances de gris, blanc, noir) et des couleurs, j’ai choisi d’utiliser l’outil informatique et Photoshop (mais n’importe quel autre logiciel fait parfaitement l’affaire) pour d’abord établir ma composition en valeurs marquées et bien différencier les éléments entre eux et ainsi optimiser la lisibilité de l’image. J’y ai appliqué des nuances dues à l’éclairage de la scène que j’ai fini par colorer afin d’obtenir un modèle en basse définition de l’image à obtenir.

J’avais évidemment fait des recherches de documentation pour dessiner ma tête de lion (bien qu’elle ne soit pas envisagée spécialement comme une reproduction réaliste dans ce style d’illustration) et j’ai créé une petite planche numérique comprenant plusieurs photographies auxquelles je vais me référer pendant les étapes de peinture pour augmenter les détails. Vous pouvez voir comment j’utilise ma documentation sur cet article : cliquez ici.

Je me suis filmé pendant la réalisation de la peinture, à l’aquarelle et à la gouache, j’ai également utilisé le « Darwin gum », j’explique en détail cette technique dans un article dédié que je vous encourage à lire à cette adresse : cliquez ici.

 

Voici la vidéo accélérée de la mise en couleur de mon illustration :

Bilan de la réalisation de cette illustration en demi-teinte, je ne suis pas pleinement satisfait même si l’illustration « marche » globalement. Mon erreur a surtout été de ne pas réfléchir assez en amont, ainsi j’aurais largement pu améliorer la qualité de mon dessin dans lequel il subsiste des défauts. J’aurais également dû davantage mettre en scène mes personnages, pourquoi pas en utilisant les pattes avants du lion pour suggérer sa lutte contre le filet. La composition générale aurait également gagné à être décalée sur la droite de ma feuille. J’ai quand même pris énormément de plaisir comme à chaque fois que je dessine et que je peins.

Un dernier conseil : éviter absolument d’utiliser du Darwin gum si vous souhaitez peintre en pâte (c’est à dire avec de la peinture non diluée) c’est très difficile d’enlever le Darwin gum dans ces conditions !!

N’hésitez pas à me donner votre avis et vos suggestions en commentaire. Je vais poster d’autres vidéos sur YouTube, abonnez-vous à ma chaine pour n’en manquer aucune.

La fable “le Lion et le Rat” de Jean de La Fontaine :

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : 
On a souvent besoin d’un plus petit que soi. 
De cette vérité deux Fables feront foi, 
Tant la chose en preuves abonde. 
Entre les pattes d’un Lion 
Un Rat sortit de terre assez à l’étourdie. 
Le Roi des animaux, en cette occasion, 
Montra ce qu’il était, et lui donna la vie. 
Ce bienfait ne fut pas perdu. 

Quelqu’un aurait-il jamais cru 
Qu’un Lion d’un Rat eût affaire ? 
Cependant il advint qu’au sortir des forêts 
Ce Lion fut pris dans des rets, 
Dont ses rugissements ne le purent défaire. 
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents 
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage. 
Patience et longueur de temps 
Font plus que force ni que rage.

Les meilleurs illustrateurs ont débuté un jour et leur secret
est de ne jamais s’être arrêtés d’apprendre et de s’exercer !
Restez toujours actif et motivé !

À bientôt sur dessineretecrire.com !

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2 commentaires sur “Réalisation de l’illustration “Le Lion et le Rat”

  1. Bravo !!! Comme je le disais voir l’esprit et la main travailler pour réaliser une illustration est toujours impressionant. Bon allez je soumets une idée de “sans le style de” ; Mike Mignola pour ses clairs-obscurs hérités de la plus pure tradition caravagesque. Ca ne mange pas de pain de tenter 🙂
    Merci pour la séquence jazzy 🙂

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